July 01, 2008

Sites "MFA" : Google a le droit de modifier sa politique tarifaire


Voici une décision qui intéressera tous ceux qui travaillent à la monétisation de leurs noms de domaine. On sait que ceux qui ont des portefeuilles importants doivent choisir entre allouer du temps au développement de leurs noms, ou les parquer. Dans le premier cas, développer du contenu permet d'optimiser le référencement, mais est chronophage ; dans le second cas, le retour sur investissement n'est pas nécessairement au rendez-vous.
D'où les pratiques parfois appelées de "PPC arbitrage" (à prononcer à l'anglaise !), par laquelle on cherche à promouvoir un site via un référencement payant, de façon à faire venir du trafic sur ses pages, pour le (bas) coût d'un mot-clef, et chercher ensuite à "transformer" en faisant en sorte que les visiteurs cliquent sur les bannières ou liens se trouvant sur lesdites pages. Et la prolifération des sites dits "MFA" (Made For AdSense).
Si le coût dépensé pour acquérir du trafic est inférieur aux revenus dégagés par les visiteurs provenant des clics sur mots-clef, le site peut devenir bénéficiaire. Seulement, Google veille ! Le moteur, c'est bien connu, ne jure que par le contenu, le contenu, le contenu. Une politique cohérente depuis l'algorithme de référencement jusqu'au fonctionnement de sa régie publicitaire. C'est à ses dépens que l'a appris la société L.

Cette société a acheté pendant plusieurs mois des mots-clef pour un tarif moyen d'environ 0,15 $. Fin octobre, le tarif minimum imposé pour l'achat des mêmes mots passa à 10 $. Pourquoi donc ? Le tarif n'est pas uniquement fonction des enchères des annonceurs sur les mêmes mots, il dépend aussi de la qualité du site "d'atterrissage". Google fixe un niveau de qualité, qui dépend de la pertinence et de l'originalité de la page d'arrivée. Les sites MFA sont pénalisés.
La société L. - dont on peut voir ci-dessus une copie écran de la page d'accueil de son site, réalisée le 1er juillet - s'est plainte de cette "taxation" soudaine. Pour faire cesser le trouble que cela lui cause, elle a saisi en référé la juridiction commerciale parisienne.
Celle-ci a jugé (24 juin 2008)* qu'il était normal que Google ait modifié la notation du site d'arrivée, le passant successivement d'"excellent" à "OK" puis à "médiocre". Le juge observe aussi qu'un délai de préavis de cinq mois a été observé, que l'annonceur était au courant des critères de notation, et qu'il pouvait éventuellement remédier à la dégradation de son évaluation. Bref, il n'y a pas de trouble illicite.

L'affaire est intéressante car elle permet de lever le voile sur un aspect de la monétisation souvent méconnu du grand public. Le fait que l'annonceur se voit affublé du label "médiocre" pourrait-il être considéré comme une forme de dénigrement (cf. affaire Kinderstart) ? Non, car il n'est pas public : il s'agit simplement d'une indication donnée dans le cadre des relations entre l'annonceur et la régie.

* ordonnance aimablement communiquée par Me Marion Barbier

2 comments:

Rémy Sahuc said...

Merci pour cet article intéressant et accessible.

A noter qu'il existe un mécanisme de "notation" similaire - sur le fond - pour le parking de domaines.

En effet, le revenu par clic n'est pas seulement fonction du mot-clé choisi par le "parqueur", mais aussi du nom de domaine parqué en lui-même. L'idée étant que les noms de domaine génériques de qualité sont sensés mieux monétiser que les médiocres.

Il y a donc une certaine logique : le service de parking étant justement destiné à la monétisation de domaines sans contenu contextuel, le processus d'appréciation de la qualité du contenu habituellement effectué sur les sites ornés d'Adsense se reporte sur le nom de domaine en lui-même.

Sur quels critères de qualité se base exactement le fournisseur de liens publicitaires ? C'est une autre question !

TOMHTML said...

Super, merci pour l'info :)